Dieu, la puissance de dieu et la divine nature sont la gloire de l'univers.
Ici, il est fait allusion à la manifestation de la divinité absolue et inconnaissable par la description du Logos : Dieu est la Volonté, la puissance de Dieu est la Force, l’Amour, la Sagesse. La divine nature, la conscience ou la synthèse de cette Triade suprême, laquelle est le premier principe du Cosmos (ordre).
Dieu est le commencement, l'idée originelle, le pouvoir de croissance et la substance matérielle de toute créature ; la sagesse pour la manifestation de toute chose. C’est à dire la Volonté comme dit plus haut, l’étincelle.
La puissance divine est principe, naissance et croissance, énergie, destin, mort et régénération. Force, Amour, Sagesse, également principe du temps, des cycles ou Karma
Il y avait, dans l'abîme, des ténèbres sans limites et de l'eau, et le souffle créateur qui commençait d'agir ; tout se trouvait dans le chaos par la puissance de Dieu.
Ce passage est particulièrement difficile car très abstrait. L’abîme est Dieu sous Son aspect inconnaissable et non manifesté. Les ténèbres sont l’absence de lumière (différent de l’obscurité), l’eau est le symbole de l’espace souvent considéré comme un océan. Par conséquent les ténèbres sans limites et l’eau traduisent un temps sans commencement ni fin et un espace sans commencement ni fin. L’univers n’était pas encore manifesté. Le souffle (l’Esprit) créateur est en fait l’aspect actif de Dieu qui va autoriser sa manifestation. Le chaos est l’aspect substantiel de Dieu (la Matière) qui va être organisé par la puissance de Dieu – l’agent intermédiaire entre la cause et l’effet c’est à dire, la Force. Dieu est le principe de toute chose : le passif et l’actif, le manifesté et le non manifesté ou Etre et le Non Etre. Il n’y a cependant rien de manichéen dans cette façon de présenter ces concepts. Le Bien et le Mal sont des notions beaucoup plus matérielles, à ce stade d’extrême abstraction, ils sont négligeables.
Aussitôt que surgit la lumière sainte, les éléments fondamentaux, sortirent de la substance humide, se densifièrent, et tous les dieux réunis séparèrent les uns des autres les aspects de la nature parvenus à maturité féconde.
C’est de la cosmologie pure ! Et l’on n’avait pas idée de la physique quantique à l’époque ! La lumière est la manifestation de la Volonté divine et commence à organiser la matière dans l’espace dès lors manifesté en éléments fondamentaux (les Titans – les particules quantiques élémentaires). Ces éléments forment à leur tour les dieux, où il faut entendre « atomes » (si, si le constituant chimique, les grecs connaissaient déjà son existence mais le traduisaient différemment). Les Dieux, les Anges, les Dhyans Chohans ou encore les atomes, sous l’impulsion de la lumière ou de la volonté manifesté (le Logos) organisent la matière ainsi « fructifiée », « fécondée ».
De l'indéterminé et du sans forme, les éléments légers s'élevèrent tandis que les éléments lourds se déposèrent sur le sable humide, de telle sorte que l'univers dans ses composantes se différencia sous l'action du feu et, ordonné par le souffle de la création, fut tenu dans un mouvement incessant.
L'univers se constitua en sept cercles, et les dieux apparurent sous forme d'astres avec toutes leurs constellations. La nature dans tous ces aspects, avec l'aide des dieux qui l'habitaient, se forma en une structure ordonnée, et le cercle qui l'entoura s'enveloppa d'un nuage astral auquel le souffle divin imprima un mouvement circulaire.
L’univers connu, c’est à dire notre Logos, notre système solaire dont nous n’appréhendons qu’une seule partie. Les sept cercles sont les sept cercles de conscience ou d’existence qui sont matérialisés ou symbolisés par les planètes (Mercure, Vénus, Terre, Lune, Mars, Jupiter et Saturne), lesquelles n’étaient considérées comme des dieux que par la population inculte. Le nuage astral est le symbole du temps sous son aspect cycle, et lequel ne peut être dépassé qu’en se rapprochant de l’unité primitive avec Dieu.
Chaque dieu selon sa puissance propre produisit ce qui lui avait été confié : ainsi naquirent les quadrupèdes, les reptiles, les animaux aquatiques et les animaux ailés, les graines fécondes, l'herbe et toutes les fleurs. Et la semence de la renaissance était enfermée en chacun.
Les dieux ou les anges sont les créateurs de l’homme physique et des créatures physiques, pas Dieu qui n’a fait que donner l’impulsion. Les atomes et autres molécules s’organisent donc selon les conditions rencontrées et possèdent dans toute la diversité de leurs organisations la capacité de se reproduire.
Les dieux suscitèrent de même les générations d'hommes, pour que ceux qui pussent connaître les œuvres de Dieu et témoigner des activités de la nature,
Et croître en foule, et dominer de façon absolue sur tout ce qui se trouve sous le ciel, et apprendre à reconnaître le bien ; donc à prospérer tout en croissant et se multipliant.
La générations d’hommes sous-entendent plusieurs espèces d’hommes et visiblement avec une structure mentale suffisante pour appréhender de façon complexe tous les aspects de la nature. Connaître le Bien ou dieu est un but vers lequel tout homme doit tendre pour prospérer. Les générations humaines sont donc utile à la notion de perfectibilité qui sera sujette au cycle d’existence, de façon à ce que chaque génération soit meilleure que la précédente.
Et les dieux créèrent les âmes, qui furent semées dans la chair par le destin, sur l'ordre des dieux de l'intérieur des cercles, afin qu'elles parvinssent à connaître exactement la voûte céleste, la course des dieux du ciel, les œuvres divines et l'activité de la nature ;
Qu'elles apprennent à connaître le vrai bien, et la puissance divine qui tient en mouvement la roue du destin ;
Et donc à distinguer le bien du mal, et à acquérir entièrement l'art sublime de l'accomplissement des œuvres du bien.
11-12-13 : Ici est présenté le mystère occulte de l’origine de l’homme, un mystère qui fait apparaître l’homme par émanation et non par évolution. Cette dernière notion n’intervenant qu’en seconde position. Les âmes semées dans la chair par le destin, Némésis ou Karma met en évidence deux impulsions distinctes qui se croisent en l’homme : d’une part la structure physique, animale de l’homme sur Terre (l’ombre de l’homme véritable), puis celle de la conscience / du mental. Cet ordre des dieux de l’intérieur des cercles est ceux les plus proches du Soleil, image ou ombre du Logos, soleil central spirituel. L’impulsion va donc provenir de notre « planète-sœur » Vénus (Aphrodite) sous l’intelligence de Mercure (Hermès) d’où l’apparition de l’homme hermaphrodite (Hermès et Aphrodite), doué d’un mental qui unit l’intuition à l’instinct. Ceci étant symbolisé par l’Ankh égyptien ou le symbole astrologique de la planète Vénus : un rond, unité du soleil central spirituel dont la Force rencontre le diamètre, la matière c’est-à-dire le symbole de la croix). Le fait de connaître les mouvements célestes permet de comprendre les grands cycles cosmiques et donc les grandes révolutions qui peuvent subvenir sur notre Terre (mouvement de précession des équinoxes) et de comprendre la valeur des actes de l’humanité qui souffre de son ignorance.
Et tel est leur chemin depuis le commencement : tandis qu'elles font des expériences, elles prennent conscience de ce que leur destin dépend de la marche circulaire des dieux ; elles finissent par être délivrées et laissent derrière elles sur la terre de grands monuments évoquant les œuvres sublimes qu'elles accomplissent une fois libérées.
Ceci est sans appel une notion karmique et de cycle de réincarnation. Les âmes reviennent sur Terre jusqu’à ce qu’elles soient libérées. Or elles ne peuvent se libérer que dès qu’elles se dégagent de la matérialité de la vie physique, c’est-à-dire que lorsqu’elles se retournent sur leur vie intérieure, leur vie spirituelle.
Et tout ce qui, au cours des temps, jette de l'ombre et répand des ténèbres : la naissance des créatures de chair pourvues d'âme, la génération à la façon des jeunes animaux, l'ensemble des œuvres humaines, tout ce qui décroît, sera régénéré par le destin, par la régénération des dieux et des cycles de la nature quand leur nombre sera atteint.
Pour ainsi dire, tout ce que porte la Terre et la Terre elle-même est sous l’emprise des grands cycles cosmiques qui régulent les évolutions diverses. C’est grosso modo l’application du cycle universel « création – évolution – destruction ».
Car le divin est l'univers cosmique fondu en unité, régénéré par la nature. Car la nature elle aussi est ancrée dans la toute-puissance de Dieu.
La pluralité et l’unité sont deux facettes d’une même réalité. Dieu est la Nature et la Nature est Dieu.
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