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Biblio Occulte

Les tarifs indiqués entre parenthèses ne sont présentés qu’à titre indicatif, de plus leur véracité ne vaut que pour la France métropolitaine

 

HELENA BLAVATSKY

1 - La clef de la Théosophie (1889) pdf / 1,243 Mo
Résumé : Publié en 1889 par Mme Blavatsky à l'intention de tous ces élèves afin qu'ils puissent apprendre et enseigner à leur tour. C'est "une exposition claire sous formes de questions et réponses, de la morale, de la science et de la pholosophie pour l'étude desquelles la Société Théosophique fut fondée". Ce livre ne contient pas un exposé complet des principes de la Théosophie mais seulement une excellente introduction et une clef pour ouvrir la porte conduisant à des études plus profondes (18,30 €).

2 - Fondements de philosophie ésotérique pdf / 345 Ko
Résumé : d’après les écrits de H.P. Blavatsky, compilé et annoté par I. H. Hoskins. Présentation des idées fondamentales de la philosophie ésotérique, ou Théosophie, à revoir à l'esprit lors de toute étude sérieuse, tel un fil d'Ariane à travers le vaste labyrinthe d'idées et de sujets exposés et traités. En appendice : conseils à un élève et petit glossaire de mots sanscrits (6,10 €).

3 - Le glossaire théosophique pdf / 2,331 Mo
Résumé : Cet ouvrage nous renseigne sur les principaux mots sanskrits, pehlvis, tibétains, pâlis, chaldéens, perses, scandinaves, hébreux, grecs, latins, cabalistiques et gnostiques ainsi que sur les thèmes de l'Occulte employés d'ordinaire dans la littérature théosophique, tels les ouvrages La Doctrine Secrète, ou Isis Dévoilée (44,20 €).

4 - Isis dévoilée pdf / 10,654 Mo
Résumés :

volume 1 : Science - « Infaillibilité » de la science moderne, phénomènes et forces, l'aveugle conduisant l'aveugle, les phénomènes psychiques, l'éther ou la lumière astrale, les phénomènes psychophysiques, les éléments, quelques mystères de la nature... (41.20 €)

volume 2 : Théologie - Les premiers chrétiens, cosmogonies orientales et annales bibliques, mystères de la cabale, les doctrines ésotériques du Bouddhisme parodiées par le Christianisme, hérésies chrétiennes primitives et sociétés secrètes... (38,10 €)

5 - La doctrine secrète pdf / 18,813 Mo
Résumé : Reconnue généralement comme le grand œuvre d'H.P. Blavatsky, La Doctrine Secrète souligne les principes de « la doctrine secrète des temps anciens » et demeure aujourd'hui la source la plus complète de la théosophie authentique. Basés sur les Stances de Dzyan, les quatre premiers volumes, publiés en 1888, retracent l'évolution universelle et humaine depuis le réveil de l'intelligence cosmique et le développement d'un cosmos. Le langage symbolique est interprété, permettant ainsi à l'étudiant de déchiffrer lui-même les écritures du monde. L'ensemble de l'ouvrage, complété par des discussions des grands problèmes scientifiques, a pour prémisse la divinité intérieure et la parenté de tous les êtres. Les deux derniers volumes furent publiés après la mort d'H.P. Blavatsky en 1897 et renferment divers écrits dont le Mystère de Bouddha et les instructions données par Mme Blavatsky aux étudiants de son école ésotérique.

Tome 1 : Cosmogénèse ; Tome 2 : Évolution du symbolisme ;  Tome 3 : Anthropogénèse ; Tome 4 : Symbolisme des religions ; Tome 5 : Miscellanées ; Tome 6 : Miscellanées. (24,40 € / volume)

 

CYLIANI

- Hermès Dévoilé pdf / 167 Ko
Résumé : Ouvrage traitant d'alchimie (7,98 €)


HERMES TRISMEGISTE

1 – Le Livre de Thot ou Les 15 Tablettes de Thoth pdf / 309 Ko
Résumé : « 
Je suis THOTH, l'Atlante, maître des mystères, gardien de la Mémoire ancestrale, Roi, Sage et Mage. Je suis celui qui survit d'une génération à l'autre et qui s'apprête à entrer dans la Chambre de l'Amenti pour guider ceux qui me suivront dans les souvenirs de la grande Atlantide ». Je me sers ici du premier paragraphe de la première table car je n’ai trouvé nulle part (selon mes critères de recherche) l’existence de cette œuvre qui s’avère être un autre texte absolument sublime de la philosophie hermétique. Si quelqu’un connaît les références de cet ouvrage, qu’il ait la bonté de me les communiquer. Il n’est donc disponible qu’en format pdf.

2 – Sept Traités ou Chapitres Dorés pdf / 173 Ko
Résumé : Le texte est divisé en une préface qui nous rappelle qu'Hermès est dit trois fois grand et que tout l'art d'alchimie ne procède que de l'unité. Le chapitre I semble parler de la préparation du Mercure et touche quelques mots sur les cendres. Le chapitre II traite de la confection des Soufres. Le chapitre III semble traiter de la réincrudation et du retour des cendres. Le chapitre IV cite la rouille et semble parler de l'évolution de la teinture, sous l'action du Mercure. Le chapitre V touche quelques mots du corbeau et de la nécessaire blancheur qui s'ensuit, à savoir que la putréfaction est la solution de la conjonction. Le chapitre VI évoque le vase de nature ou maison de verre. Le chapitre VII traite - si l'on peut dire - des fruits de l'arbre solaire et de leur cuisson qui produit la teinture de la Pierre.

3 - Tabula Smaragdina ou Table d'émeraude pdf / 35 Ko
Résumé : Texte très court qui synthétise la philosophie hermétique.


INCONNU

 
1 - La Pierre Aqueuse de Sagesse ou l'Aquarium des Sages pdf / 675 Ko
Résumé : Opuscule chimique tel qu'on n'en a pas encore vu, dans lequel est montrée la Voie, nommée la Matière et décrit le Procédé pour parvenir à la Teinture Universelle. L'auteur de l'Aquarium des Sages serait, d'après la notice que lui consacra, en 1906, John Ferguson dans sa Bibliotheca Chemica, un certain Johann Ambrosius Siebmacher qui vécut au début du XVIIe siècle à Nuremberg et à Augsbourg, mais rien ne permet de l'affirmer. Conformément à sa volonté, son anonymat a été gardé mais le poids de ses paroles prouve sa haute naissance. (27,44 €).

 EYRENEE PHILALETHE

1 - Règles du Philathète pour se conduire dans l'Oeuvre Hermétique (Editions Arché Milano 1979 24 pages) pdf / 68 Ko
Résumé : Vraiment pas facile à trouver et je n'ai pas encore de résumé. quoiqu'il en soit la librairie qui le commercialise est "Librairie l'Etoile du Mage -13000 Marseille, France - 33+ 04 91 256 638" (édition mentionnée à 5,50 € neuf ou à 30 € pour l'édition Génova, Phoenix, 1979, 1 vol. in12 broché  en vente chez "Librairie L'Oiseau Livre Paris, France - 01 43 70 93 77") Ces renseignements ont été mis à jour au 28 août 2006.


RAWN CLARK

Rawn Clark est un étudiant (plutôt avancé) de l'enseignement de Franz Bardon, il a à son actif une production conséquente de renseignements et de documents très utiles. Son site mérite une visite approfondie d'autant qu'il est traduit en français ! www.abardoncompanion.com

 1 - Un compagnon dans l'étude de Franz Bardon pdf / 1 272 Ko
Résumé : A Bardon Companion est né de la demande pressante faite à l'auteur de publier les réponses pertinentes et éclairées qu'il apporta au fil des mois sur un forum Internet consacré à l'Œuvre de Franz Bardon. Bien que réticent — car ne trouvant rien à ajouter — Rawn Clark réorganisa les questions les plus fréquemment posées en y accolant ses réponses et commentaires. Un nouvel ouvrage pour une plus large compréhension et une meilleure mise en pratique de l’œuvre de Franz Bardon. (cet ouvrage devrait paraître cette année en France. Il est à 34,50 $ sur Amazon.com en anglais soit 26,90 €).


CHARLES WEBSTER LEADBEATER

1 - Les aides invisibles pdf / 403 Ko
Résumé : Cet ouvrage expose, avec exemples à l'appui, l'aide qui est apportée tant aux vivants qu'aux décédés, par des êtres qui vivent sur d'autres plans, comme les anges, mais aussi par des humains pendant leur sommeil. Les « morts » veillent aussi sur ceux qu'ils ont aimés et les protègent. L'auteur, clairvoyant, relate un certain nombre de cas dont il a été témoin. (12,70 €).

 

Texte Libre

Hermès

Vendredi 14 avril 2006
La maïeutique socratique est l’art d’accoucher les esprits. Le principe se base sur une question posée à l’interlocuteur qui exposera son point de vue. A partir de cet instant la machine se met en marche. Socrate montre un réel intérêt pour la réponse donnée, mais engage le débat par une remarque liée à la réponse. En général l’interlocuteur ne sait pas trop par quel bout prendre cette remarque et demande à Socrate d’être un peu plus explicite. C’est ainsi que toute une série de questions simples liées à la remarque viennent assaillir l’interlocuteur. Elles ne monopolisent d’ailleurs pas trop d’efforts de réflexion de sa part, puisqu’il n’à qu’à répondre par oui, par non ou par un élément de logique évidente.
Au bout de quelques questions, le locuteur commence à présenter des signes d’agacement notoire, tant elles lui paraissent enfantines et hors de propos, presque insultantes si l’on considère son degré d’érudition. Socrate, diplomate et fin psychologue, rétorque poliment qu’il ne met nullement en doute l’intelligence de son interlocuteur, mais que lui-même n’est pas aussi brillant, et qu’il a besoin d’un peu plus de temps pour comprendre. Conforté dans son orgueil ou dans sa bienveillance, l’interlocuteur concède à jouer le jeu de Socrate. Construit comme un syllogisme – les parties sont les questions toutes liées par un rigoureux fil conducteur – le questionnaire prend fin. Socrate expose alors sa conclusion qui se trouve être la remarque qu’il avait soulevé plus tôt. L’interlocuteur ou, mieux encore, la victime n’a plus d’autres choix que d’acquiescer et d’approuver la démonstration de Socrate dont il a reconnu tous les points. Le superbe de la certitude est absolument piétiné avec la bénédiction de son partisan. Du moins pas dans tous les cas.
Socrate est souvent critiqué dans le sens où il s’applique à un exercice qui n’est utile qu’aux adolescents afin de structurer leurs pensées. La réalité – et tout le monde le dira – étant complètement différente. A peine lui reproche t-on d’ergoter. C’est là le comportement agressif de tout individu décontenancé par le rouleau compresseur qu’est la maïeutique.
Veuillez trouver l’exemple ci-dessous (pour plus parlant encore voir Alcibiade ou le Banquet).
 
Socrate - En avant donc, toi qui, si brillamment, viens de tracer la route. Prends comme modèle ta réponse à la question des puissances, et, de même que tu as su comprendre leur pluralité sous l'unité d'une forme, efforce-toi d'appliquer, à la pluralité des sciences, une définition unique.
Théétète - Mais, sache-le bien, Socrate, maintes fois déjà, j'ai entrepris cet examen, excité par tes questions, dont l'écho venait jusqu'à moi. Malheureusement je ne puis ni me satisfaire des réponses que je formule, ni trouver, en celles que j'entends formuler, l'exactitude que tu exiges, ni suprême ressource, me délivrer du tourment de savoir.
Socrate - C'est que tu ressens les douleurs, ô mon cher Théétète, douleurs non de vacuité, mais de plénitude.
Théétète - Je ne sais, Socrate; je ne fais que dire ce que j'éprouve.
Socrate - Or çà, ridicule garçon, n'as-tu pas ouï-dire que je suis fils d'une accoucheuse, qui fut des plus nobles et des plus imposantes, Phénarète?
Théétète - Je l'ai ouï-dire.
Socrate - Et que j'exerce le même art, l'as-tu ouï-dire aussi?
Théétète - Aucunement.
Socrate - Sache-le donc bien, mais ne va pas me vendre aux autres. Ils sont, en effet, bien loin, mon ami, de penser que je possède cet art. Eux, qui point ne savent, ce n'est pas cela qu'ils disent de moi, mais bien que je suis tout à fait bizarre et ne crée dans les esprits que perplexités. As-tu ouï-dire cela aussi?
Théétète - Oui donc.
Socrate - T'en dirai-je la cause?
Théétète - Je t'en prie absolument.
Socrate - Rappelle-toi tous les us et coutumes des accoucheuses, et tu saisiras plus facilement ce que je veux t'apprendre. Tu sais, en effet, j'imagine, qu'il n'en est point d'encore capable de concevoir et d'enfanter qui fasse ce métier d'accoucher les autres: seules le font celles qui ne peuvent plus enfanter.
Théétète - Parfaitement.
Socrate - L'auteur de cette loi est, dit-on, Artémis, qui, sans avoir jamais enfanté, reçut en partage le soin de présider aux enfantements. Aux stériles, elle n'a donc point donné puissance de délivreuses, car l'humaine nature a trop de faiblesse pour qu'on lui puisse donner un art là où elle n'a point expérience; mais, à celles que l'âge empêche d'enfanter, elle donna cette charge pour honorer, en elles, son image.
Théétète - C'est vraisemblable.
Socrate - N'est-il pas vraisemblable encore et nécessaire que discerner celles qui ont conçu de celles qui n'ont point conçu soit plutôt le fait des accoucheuses que des autres?
Théétète - Certainement.
Socrate - Les accoucheuses savent encore, n'est-ce pas, par leurs drogues et leurs incantations, éveiller les douleurs ou les apaiser à volonté, conduire à terme les couches difficiles et, s'il leur paraît bon de faire avorter le fruit non encore mûr, provoquer l'avortement?
Théétète - C'est exact.
Socrate - As-tu noté encore ce fait qu'elles sont les plus expertes des entremetteuses , parce qu'elles sont d'une extrême habileté à reconnaître quelle femme à quel homme se doit unir pour mettre au jour les enfants les mieux doués?
Théétète - J'ignorais cela totalement.
Socrate - Or sache bien qu'elles en sont plus fières encore que de savoir couper le cordon. Réfléchis en effet: est-ce ou non au même art qu'il appartient de soigner et recueillir les fruits de la terre et de connaître en quelle terre quel plant et quelle semence on doit jeter?
Théétète - Ce n'est certes qu'au même art.
Socrate - Mais, quand il s'agit de la femme, crois-tu, cher ami, qu'autre est l'art qui prépare l'ensemencement, autre celui qui recueille ?
Théétète - Ce n'est pas vraisemblable.
Socrate - Aucunement vraisemblable. Mais parce qu'un commerce sans probité et sans art accouple hommes et femmes en ce qu'on appelle prostitution, une aversion pour l'art d'entremetteuses est venue aux personnes honorables que sont les accoucheuses: elles craignent, en effet, de choir dans le soupçon d'un tel commerce par la pratique de l'art. Et pourtant c'est bien aux véritables accoucheuses et à elles seules qu'il appartiendrait, je crois, de s'entremettre avec succès.
Théétète - Apparemment.
Socrate - Voilà donc jusqu'où va le rôle des accoucheuses; bien supérieure est ma fonction. Il ne se rencontre point, en effet, que les femmes parfois accouchent d'une vaine apparence et, d'autre fois, d'un fruit réel, et qu'on ait quelque peine à faire le discernement. Si cela se rencontrait, le plus gros et le plus beau du travail des accoucheuses serait de faire le départ de ce qui est réel et de ce qui ne l'est point. N'es-tu pas de cet avis?
Théétète - Si.
Socrate - Mon art de maïeutique a mêmes attributions générales que le leur. La différence est qu'il délivre les hommes et non les femmes et que c'est les âmes qu'il surveille en leur travail d'enfantement, non point les corps. Mais le plus grand privilège de l'art que, moi, je pratique est qu'il sait faire l'épreuve et discerner, en toute rigueur, si c'est apparence vaine et mensongère qu'enfante la réflexion du jeune homme, ou si c'est fruit de vie et de vérité. J'ai, en effet, même impuissance que les accoucheuses. Enfanter en sagesse n'est point en mon pouvoir, et le blâme dont plusieurs déjà m'ont fait opprobre, qu'aux autres posant questions je ne donne jamais mon avis personnel sur aucun sujet et que la cause en est dans le néant de ma propre sagesse, est blâme véridique. La vraie cause, la voici: accoucher les autres est contrainte que le dieu m'impose; procréer est puissance dont il m'a écarté. Je ne suis donc moi-même sage à aucun degré et je n'ai, par devers moi, nulle trouvaille qui le soit et que mon âme à moi ait d'elle-même enfantée. Mais ceux qui viennent à mon commerce, à leur premier abord, semblent, quelques-uns même totalement, ne rien savoir. Or tous, à mesure qu'avance leur commerce et pour autant que le dieu leur en accorde faveur, merveilleuse est l'allure dont ils progressent, à leur propre jugement comme à celui des autres. Le fait est pourtant clair qu'ils n'ont jamais rien appris de moi, et qu'eux seuls ont, dans leur propre sein, conçu cette richesse de beaux penseurs qu'ils découvrent et mettent au jour. De leur délivrance, par contre, le dieu et moi sommes les auteurs. Et voici qui le prouve. Plusieurs déjà l'ont méconnu, ont cru à leur propre pouvoir et n'ont fait nul cas de moi. Ils se sont donc eux-mêmes persuadés ou laissé persuadé par d'autres de me quitter plus tôt qu'ils ne devaient: ils m'ont quitté et non seulement ont laissé avorter tous autres germes dans leurs méchantes fréquentations, mais encore, à ceux dont je les avais délivrés, n'ont donné que mauvais aliment, dont ceux-ci dépérirent, et, de mensonges et d'apparences vaines faisant plus de cas que du vrai, ils n'ont abouti qu'à prendre, à leurs propres yeux et aux jeux des autres, figure d'ignorants. De leur nombre fut Aristide, fils de Lysimaque, et beaucoup d'autres. Ils reviennent parfois implorer mon commerce et sont prodigues d'extravagances. Avec certains, la sagesse divine qui me visite m'interdit de renouer commerce; avec d'autres, elle me le permet, et ceux-ci recommencent à fructifier. Ce qu'éprouvent ceux qui me viennent fréquenter ressemble encore en cet autre point à ce qu'éprouvent les femmes en mal d'enfantement: ils ressentent les douleurs, ils sont remplis de perplexités qui les tourmentent au long des nuits et des jours beaucoup plus que ces femmes. Or, ces douleurs, mon art a la puissance de les éveiller et de les apaiser. Voilà donc, à leur état, quel traitement j'apporte. Mais il y en a, Théétète, de qui je juge qu'ils ne sont en gestation d'aucun fruit. Je connais alors qu'ils n'ont, de moi, aucun besoin; en toute bienveillance je m'entremets pour eux et, grâce à Dieu, je conjecture très exactement de quelle fréquentation ils tireront profit. Il en est plusieurs que j'ai accouplés ainsi à Prodicus, plusieurs à d'autres hommes et sages et divins. Pourquoi, très cher, t'ai-je donné ces longs détails? Parce que je soupçonne, ce dont toi-même as l'idée, que tu ressens les douleurs d'une gestation intime. Livre-toi donc à moi comme au fils d'une accoucheuse, lui-même accoucheur; efforce-toi de répondre à mes questions le plus exactement que tu pourras; et si, examinant quelqu'une de tes formules, j'estime y trouver apparence vaine et non point de vérité, et qu'alors je l'arrache et la rejette au loin, ne va pas entrer en cette fureur sauvage qui prend les jeunes accouchées menacées en leur premier enfant. C'est le cas de plusieurs déjà, ô merveilleux jeune homme, qui, envers moi, en sont venus à ce point de défiance qu'ils sont réellement prêts à mordre dès la première niaiserie que je leur enlève. Ils ne s'imaginent point que c'est par bienveillance que je le fais; ils sont trop loin de savoir qu'aucun dieu ne veut du mal aux hommes et que, moi de même, ce n'est point par malveillance que je les traite de la sorte, mais que donner assentiment au mensonge et masquer la clarté du vrai m'est interdit par toutes lois divines. Reprends donc la question à son début, Théétète: essaie de dire en quoi consiste la science; et garde-toi bien d'alléguer que tu n'en es point capable, car, si Dieu le veut et te donne force d'homme, tu le seras, capable.
 
Platon, Théétète 149a-150d passim
 
Quels sont les intérêts de la maïeutique ? Socrate-Platon – je rappelle que Socrate n’a rien écrit – a toujours eu pour objectif d’amener l’homme à penser par lui-même, de se défaire des opinions collectives qu’il fait trop souvent siennes. La méthode employée est celle par déduction. Le problème est découpé en plusieurs thématiques simples à aborder que l’on amène progressivement à se rejoindre. A la clef, force est de s’apercevoir que les idées que l’on développe se reposent sur des bases peu fiables. Curieusement ce sont elles qui font autorité dans le monde, car elles ménagent … la chèvre et le chou. Socrate, qui en avait autant contre la chèvre que contre le chou, paya de sa vie le fait de désigner le fermier.
La maïeutique nous enseigne donc que la Connaissance peut s’acquérir par nos seuls moyens à la seule condition de se montrer rigoureux. Ce principe essentiel est le pilier de la philosophie platonicienne : le Connaissance (du Bien) est un effort de rappel car elle est présente en tout homme, inscrite dans son Esprit avant sa naissance. Ceci le mène à affirmer que « le méchant est un ignorant ». C'est-à-dire qu’il ne s’est pas donné les moyens de se rappeler de la Connaissance (du Beau), de l’idée du Bien. Vouloir y retourner dénote une volonté d’ennoblissement de l’individu à accéder au Beau qui ne peut être que divin, car unique et éternel. Seul ce qui est sur Terre est varié, corruptible et périssable. Je m’autorise ici une courte digression pour souligner à tous ceux qui croient encore que les Grecs, les Romains et autres Egyptiens, pour ne citer qu’eux, étaient polythéistes, il est grand temps de changer d’ouvrages ! Toutes ces cultures étaient monothéistes. Ils savaient parfaitement que toutes les distinctions de dieux et déesses n’étaient que des ASPECTS de la Divinité Une et Absolue, qui trouvent leur différenciation dans les degrés de densification qui conduisent à l’homme. Une analogie avec la chrétienté : Si Dieu est unique, ses anges ne reflètent que des aspects de fonctions et de densité (hiérarchiques) de sa Volonté divine. Les anges, les hommes sont dieu mais avec des restrictions inhérentes à leurs natures. La parenthèse s’est montrée plus importante que prévue, mais elle était nécessaire pour bien comprendre les textes et allusions de Platon, dont le but ultime est de retourner à l’Unité primordiale, à Dieu, par sa propre volonté.
 
Platon n’a rien de rebutant, si ce n’est le style qui déconcerte au premier abord : la langue est parfaite, ce qui dénote une traduction de qualité (aux Editions Gallimard Flammarion) et comme ses œuvres sont sous forme de dialogues, la vie paraît embraser chacun des livres. Il est donc nécessaire de jouer le jeu en prenant la place de l’interlocuteur qui écoute attentivement Socrate. Prendre son temps et relire une phrase ou un passage est vraiment profitable si l’on souhaite vraiment savourer les fruits d’un aussi bel esprit !
Par Woce
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Mercredi 17 mai 2006
Il est des textes dont il n’est nul besoin de connaître les auteurs, tant leur signification dépasse les conditions de rédaction et la personnalité de leur(s) parent(s). Qui ira se soucier des rédacteurs de l’ancien testament, ou des noms de ceux qui ont transcrits dans le Coran les sourates du Prophète, voire même du Yi Jing ? Ces ouvrages ont un contenu tel que leurs auteurs sont noyés, effacés. Pour cause : ils ne sont plus et leurs ouvrages subsistent par delà les millénaires. Tel est le cas pour le « Corpus Hermeticum » que je me fais une joie de vous présenter ici. Je ne m’étendrai pas en vaines paroles introductrices qui n’auront aucun intérêt, sinon de freiner l’enthousiasme à découvrir ce texte d’une très haute valeur philosophique et métaphysique. Cependant je tiens à préciser l’ordre de diffusion : le sommaire et la première partie du premier livre, puis quelques annotations pour les passages qui peuvent apparaître obscures. Pour faciliter l’ordre chronologique une mention en haut à droite de chaque diffusion se présentera sous la forme suivante (livre en caractères romains ; couplets de début et de fin).
 
(I ; 1-12)
CORPUS HERMETICUM
 
  1. Pymandre
  2. Pymandre à Hermès
  3. Le grand mal de l’homme est qu’il ne connaît pas Dieu
  4. Discours d’Hermès en l’honneur de Dieu
  5. Extrait d’un discours d’Hermès à Tat
  6. Dialogue universel d’Hermès et d’Asclépios
  7. Discours d’Hermès à Tat sur le caractère et l’unité
  8. Hermès à son fils Tat : le dieu invisible est des plus manifestes
  9. Que rien de ce qui existe vraiment ne se perd
  10. Le Bien ne se trouve qu’en Dieu et nulle part ailleurs
  11. De l’intellect et des sens
  12. La clef d’Hermès Trimégiste
  13. Hermès Trimégiste à Tat : le Noùs universel ou l’esprit sanctifiant
  14. Entretien secret sur la montagne traitant de la renaissance et de la promesse de silence
  15. Hermès Trimégiste à Asclépios : du penser juste
  16. Hermès à Ammon : de l’âme
  17. Hermès à Tat : de la Vérité
 
1 Un jour que je réfléchissais aux choses essentielles et que mon coeur s'élevait dans les hauteurs, toutes mes sensations corporelles s'engourdirent complètement comme celui qui, après une nourriture exagérée ou à cause d'une grande fatigue physique, est surpris par un profond sommeil. 
Afin de pouvoir s'élever véritablement dans les sphères supérieures de conscience, la partie mortelle ou physique de l'être doit apprendre à se taire, car elle freine l'ascension. Le sommeil permet au mental de se dégager de cette gangue.
 
2 Il me sembla alors voir un être immense, d'une ampleur indéterminée, qui m'appela par mon nom et me dit :
 
3 " Que veux-tu voir et entendre et que désires-tu apprendre et connaître en ton cœur ?"
 
4 "Qui es-tu ?" lui dis-je.
 
5 "Je suis Pymandre," répondit-il, " le Noùs, l'être qui se suffit à lui-même. Je sais ce que tu désires et je suis partout avec toi."
Par Noùs il faut entendre Esprit. Aussi la personne qui discute avec Pymandre n'est autre que son Esprit, son Ego supérieur, son Père - l'essence de tout ce qu'il pourra être ou a pu être lors de ses incarnations terrestres, qu'il fut femme, homme, roi, mendiant, médecin ou trapéziste.
 
6 Je lui dis : " Je désire être instruit des choses essentielles, saisir leur nature et connaître Dieu. Oh ! Comme je désire comprendre !"
 
7 Il répondit : " Garde bien dans ta conscience ce que tu veux apprendre et je t'instruirai."
Les vérités divines ne s'apprennent pas, ne se retiennent pas, elles se vivent, s'appliquent. elles font partie de l'appréhension immédiate objective et subjective de l'univers. Elles font partie intégrante de sa conscience.
 
8 À ces mots, il changea d'aspect et, à l'instant, tout me fut découvert ; j'eus une vision infinie ; tout devint une seule lumière, sereine et joyeuse, dont la contemplation me donna une félicité extrême.
Ici la personne s'est détachée de sa personnalité - Ego inférieure - qui l'empêchait de voir distinctement le Noùs. Un peu comme des yeux plongés dans l'obscurité qui doivent soudain faire face à une intense luminosité.
 
9 Peu de temps après, dans une partie de cette lumière, des ténèbres effrayantes et lugubres descendirent et tournoyèrent en spirales sinueuses semblables à un serpent, me sembla-t-il. Puis ces ténèbres se transformèrent en une nature humide et indiciblement trouble, d'où s'éleva une fumée comme un feu, tandis qu'elle faisait entendre un bruit pareil à un gémissement indescriptible.
Plusieurs choses ici. Les ténèbres effrayantes sont la représentation de l'Univers non-manifesté ou en latence. La Nature dans son expression la plus éthérée avant qu'elle ne commence son travail de différenciation pour donner le monde tel que nous le connaissons et tel que nous ne le connaissons pas. La seule manifestation à se stade est la notion de polarité (électrique et magnétique), entraînant le concept de Force, d'attraction et de répulsion, d'amour. Mais cette interaction réciproque amène les Ténèbres à évoluer par densification : le Feu est la symbolique de l'action, du mouvement lié à l'électricité occasionnant conjointement par polarité la manifestation de l'Eau. A ce niveau très éthéré l'Eau - la Nature humide et trouble est la matière cosmique non différenciée, celle avec laquelle tout l'univers entrera en création. Le bruit sourd est la résultante de ces "mouvements" , la vibration, l'intelligence qui conditionnera la création.
 
10 Enfin un cri fit écho, sortant de la nature humide, un appel inarticulé, que je comparai à la voix du feu, alors que de la lumière une parole sainte se répandait sur la nature humide et qu'en jaillissait un feu pur, subtil, véhément et puissant.
 
11 L'air, par sa légèreté, suivait le souffle du feu ; de la terre et de l'eau, il s'élevait jusqu'au feu de sorte qu'il y paraissait suspendu.
 
12 La terre et l'eau restaient où elles étaient, si étroitement mêlées qu'on ne pouvait les percevoir séparément, et continuellement mues par le souffle de la parole qui planait au-dessus d'elles.
Les dernières strophes donnent plus d'explication sur la situation à ce stade, les Eléments se différencient et interagissent les uns avec les autres sous l'impulsions de la voix, issue de l'à jamais inconnaissable, des Ténèbres Absolues. Ici je laisse à chacun le loisir de méditer ces strophes qui deviennent parfaitement claires grâce à la loi de l'analogie.
 
Par Woce
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